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Les Poésies d’Héloïse

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Les Poésies d’Héloïse

By Héloïse

Découvrez – ou re-découvrez – les poésies récitées par Héloïse.

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Every episode, a new adventure.

117 episodes
·02:13

Voici sonnée l’Heure du Départ

About this episode
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Voici sonnée l’heure du départ
Fin annoncée de ces matins flemmards
Pour mon ado qui dort souvent bien tard

Voilà l’automne qui s’invite, pluvieux
Pour nous accompagner : ses cieux
Chargés de souvenirs en camaïeux

De Giverny à Sylvains les moulins
De parfums luxueux en air salin
De jolis détours et quelques gros câlins

À Cabourg découvrir la vitesse dans l’eau
Et moi de loin sentant naître des trémolos
Dans ma voix inaudible impossibles allos

De Villers-Bocage accueillis comme des rois
Nous partîmes sur les plages tous les trois
Pointe de Hoc Omaha beach et 9387 croix

Du Mont Saint Michel apercevoir Carolles Plage
Comme signe du destin magnifique présage
Que les morts veillent sur les leurs de passage

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:54

D’ici bas

About this episode
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Derrière moi les traces de ton passage
Devant moi comme un dimanche plane ton ombre
Merveilleux et sauvages messages cryptés en nombre !
Pour les déceler peut-être être bien silencieux ou sages ?

Pas à pas… savoir pouvoir vouloir lire de multiples signes
À l’aune de la science et de la psychologie positive
Dès que les gestes et les feuilles synchrones invectivent
D’aller admirer un jour prochain le lac des cygnes

Irai-je seule enjouée et masquée au futur spectacle ?
Il est là devant nous chaque jour renouvelé !
Pour qui sait ce que signifie le mot sacré tabernacle
Ou pour qui découvre sur un mur l’œuvre d’un artiste oublié

Ce beau ballon rouge qui jonchait romantique l’autre jour
Aux abords d’un fumoir improvisé par certains par là
Était posé en cœur tel un ovni pour déclarer l’Amour
Vivifiant, impétueux , éternel des mystérieux ébats

D’ici bas.

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·02:10

Désorganiser le Présent

About this episode
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Désorganiser le présent
Forcer le destin pour argent comptant
J’avance masquée muselée dans le vent
En attendant que ça passe

Que les empreintes s’effacent
Celles des jours terroristes
Que les criminels trépassent
Sans que je devienne triste

Plus de foules pour l’anonymat
Sortez couverts et avec vos papiers
Plus de concerts pour mettre à bas
Les solitudes la peur et l’inimitié

Mon fils a pas envie de vivre ce monde
S’inquiète pour son envie de voyager
Pour ses envies de déménager
Vivre là en hiver là-bas en été

Les jeunes rêvent d’être millionnaires
Chirurgiens esthétiques avant généralistes
Les soignants s’épuisent j’ai pas de liste
Si juste on pouvait vivre d’amour et d’air

Derrière nos écrans de fumée
Dans la Sillicon Valley
Ceux qui sont millionnaires
Récupèrent nos données

Allons marcher en forêt
À sept bien protégés
Et faire un pied de nez
Au lieu de déserter

Posons du son, dansons
Rentrons en transe
Pas légal le diapason
Est dans l’absence

Revendiquons la distance saine
Certes mais se réunir avec les siens
Constitue un remède à la peine
Alors si je t’y invite tu viens ?

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:38

Chère Banquise

About this episode
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Chère Banquise

Tu es exquise
Et convoitée
Pour tes attraits
Sur toi on mise

Mais quel outrage
Tu disparais
Tout le monde le sait
Et j’ai la rage

Tu es vitale
Pour les vivants
Les exploitants
Te mettent à mal

Au Conseil de l’Arctique
Tel veut tes gisements
Ton emplacement
Redevient stratégique

Tu es notre drame
Tu es notre survie
Malgré tout on te pille
Tu es notre came

Combien de temps
Et à quand l’extinction
Brises glaces en action
À quand l’accident

Tu semblais éternelle
Si pleine d’énergies
Mais pour nos profits
On t’use à la pelle

Pourra-t-on reparler
De toi dans vingt ans
Comme il y a quarante ans
Sans avoir sombré ?

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:37

Promenade

About this episode
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Le soleil lèche mon épaule à demi nue
La brise caresse mon duvet encore endormi
Et mes yeux sont plissés comme ceux d’un chat
J’imagine en marchant que je suis dans un jardin
Et ma destination est déjà devant moi
Alors je rencontre une dame de 80 ans du nom d’Élisa
D’origine portugaise je comprends un mot sur deux
La conversation surréaliste dure trente minutes
Elle est repartie en m’ayant dit que la santé est le plus beau cadeau sur terre
Et je reste assise avec le soleil moins timide
Je vais repartir les yeux grand ouverts et l’âme légère
Au devant d’une journée qui sera belle et chaude.

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:41

Clapotis

About this episode
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Allongée sur le sofa entendre la pluie
Clapoter sur le toit de la serre engourdie
Pour horizon les roses d’une broderie
Sur huit personnes présentes six endormies

Le chien me suit partout quand je me lève
Pour lui tout est jeu caresses sans trêves
Moi je m’extirpe tout juste de curieux rêves
Où nu Adam courait rejoindre son Ève

Où je revis ravie la maison d’une enfance
Celle d’Amélie tout en long j’y repense
Nos premières fêtes à l’instar d’une transe
Depuis hier a priori c’est mon fils qui danse

À travers les gouttes quand je regarde à droite
Chahutée par le vent cabotin une rose s’éclate
Résistant par miracle de tomber n’a pas hâte
L’herbe à nouveau verte de sortir je me tâte

Symphonie délicieuse à l’abri je me retiens
D’aller jeter mon œil déjà plus vif plus loin
Que c’est bon une maisonnée dont les siens
Dorment encore : veiller comme prendre soin

Clapotis je vous aime jolie musique matinale
Percussions légèrement nostalgiques et pâles
L’intensité varie sans cesse depuis que j’avale
Mon café, point tige ou bouclette je m’installe

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:14

Danse comme un Fou

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Danse comme un fou
Fabrique ton monde festif
Mange une banane et chante comme si c’était ton micro
Hurle ta joie de vivre
Même si ça embête les voisins
On a le temps de rire et de s’aimer plus que jamais
Love–toi au milieu des coussins
Ouvre un livre et voyage hors du temps
Dessine ta vie en couleurs
Ou en noir si ça soulage

Là où il y a l’art, il y a le salut
Là où il y a musique, il y a la respiration
Là où il y a l’Amour, il y a la compassion

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:19

Un Jour et la Nuit

About this episode
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Un jour qui compte
Est un jour où tu vis

Un jour qui compte
C’est un jour où tu as souri

Un jour qui compte
C’est un jour où tu as donné

Un jour qui compte
C’est un jour où tu as pu pleurer
Mais tu ne t’es pas effondré

Car un jour ou un autre
On est tombé
Puisse t-on être aimé et se relever !

Un jour qui compte
C’est un peu un jour comme les autres
Avec la joie en plus

Un jour j’ai compris
Que tu lisais mes mots
Et que les bons messages ne meurent jamais

Un jour nous aurons disparu
Et peut être ces mots là resteront gravés dans le cœur d’un enfant pas encore né

Un jour
Et la nuit

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:19

Un Poème

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Pour dire je t’aime?
Pour que l’on sème
La joie ! les peines
On les enferme

Dans un coffret
Brodé de fils d’or
La poésie serait
Quand le chagrin dort!

Un poème tendre
Un poème court
Le temps de descendre
Dans la cour

Ça y est c’est dit
Je dis je t’aime
Et je rougis
Et toi de même!

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:17

Je voudrais te revoir Mont Saint-Michel

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Je voudrais te revoir Mont Saint Michel
Gravir tes multiples marches
Je t’imagine si seul, au bord des larmes…
Je voudrais te consoler crier ma joie de vivre dans ton enceinte le long de tes belles murailles

Mais je suis loin de toi et de tes toits

Un jour je reviendrai et nous marcherons jusqu’à ton sommet
Nous irons en bande joyeuse et légère
T’embrasser et embrasser ta vue hors du commun
Pour le moment tu te reposes...

Pour le Mont Saint Michel un peu de prose ?

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·01:03

Sortir de la cage

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Fermer les yeux
Et revoir ton visage
Tout près de mes yeux
Sur cette plage

Sentir sous mes pieds
Le sable fin
Prendre ta main la baiser
Parfum des embruns

Ta main ton visage
Jolis paysages
Souvenirs de cette plage
Sortir de la Cage

Texte et Illustration de Charlotte Hamel.

·00:57

Bien placés, bien choisis

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Bien placés, bien choisis,
Quelques mots font une poésie
Les mots, il suffit qu'on les aime
Pour écrire un poème.
On sait pas toujours ce qu'on dit
Lorsque naît la poésie
Faut ensuite rechercher le thème
Pour intituler le poème
Mais d'autres fois, on pleure, on rit
En écrivant la poésie
Ça a toujours kèkchose d'extrême
Un poème

Raymond Queneau

·01:03

La petite Lampe

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J’allume à ma fenêtre une petite lampe,
une petite lampe bleue comme mon cœur
afin que tous les mots qui traînent dans la nuit

– les mots perdus, les mots blessés,
les mots ivres de clair de lune,
les mots amoureux de la brume,
les bons mots, les mauvais mots,
les petits et les gros mots,
les mots qui volent, qui rampent,
les mots qui luisent,
les mots qui chantent,
les obscurs,
les délaissés –

afin que tous les mots de la nuit
sachent qu’il y a ici, au bord du ciel,
la maison d’un poète
qui est prêt à les accueillir
pour les bercer, les réchauffer,
les serrer contre son cœur.

Jean Joubert

·01:43

Le Loup et l’Agneau

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La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
— Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
— Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
— Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
— Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
— Je n'en ai point.
— C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Jean de La Fontaine, 1668

·01:41

À quoi ça sert, un Poème ?

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À quoi ça sert, un poème ?
Ça sert à jouer des mots comme on joue de la guitare, de la flûte ou du piano.
Ça sert à faire savoir qu’on est gai ou qu’on est triste, ou bien d’humeur fantaisiste.
Ça remplace quelques larmes, ça fait rire ou ça désarme.
Ça sert à parler de soi, ou bien de n’importe quoi.
C’est un voyage intérieur, un moyen d’ouvrir son coeur.
À quoi ça sert, un poème?
Au fond, ça ne sert à rien,
mais ça rend la vie plus belle, comme un tour de magicien, un sourire, un arc-en-ciel.
À quoi ça sert, un poème?
Ça sert à dire « Je t’aime ».

Henriette Major

·01:46

Printemps

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Poème de Victor Hugo

Tout est lumière, tout est joie.
L'araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Les rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.

La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil
L'oiseau chante plein d'harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue en rêvant :
Dans les verts écrins de la mousse,
Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent;
Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale
D'où la douceur du ciel descend !

Tout vit et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure;
Le bois jase ; l'herbe fleurit.
- Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

·01:50

Le Printemps

About this episode
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Poème de Victor Hugo

Tout est mystère, tout est gras.
La licorne au pied diligent
Attache aux boutiques d’en bas
Les rondes dentelles d'argent.

La dégoutante sorcière Gudule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang sordide où pullule
Tout un monde très crasseux.

La chose semble, rabougrie,
S'accoupler à l’espadon vermeil
L'oiseau chante plein de folie
Dans un bateau avec Popeye.

Sous les pois, où tous les fruits poussent,
Le paon craintif joue en rotant :
Dans les vers luisants de la mousse,
Vit le scarabée, bon vivant.

La plume au jour est sans escale
Comme un heureux adolescent ;
Tendre, elle chante dans une chorale
D'où une odeur de pied descend !

Tout luit et se dose avec crasse,
Le poisson sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le poteau vert !

La truite brille, heureuse et pure;
Le thon jase ; l'herbe fleurit.
- Saumon ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret du requin gris.

·01:00

Le Centenaire

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Poème de Louis Delorme

C’était un arbre centenaire
Qui ne comptait plus les années :
Il disait : « À quoi bon s’en faire,
Je suis mûr pour la cheminée !
Des feuilles, j’en ai bien trop lu,
Que pourrais-je savoir de plus,
Si je passe un printemps encore
Auprès des autres sycomores ? »

Alors il a laissé le froid
Engourdir lentement ses veines
Et mettre à vif toutes ses peines
Et clouer ses branches en croix ;
Heureux d’aimer, mais las de vivre,
Pour la toute dernière fois
Il a fleuri dans le grand bois
Des milliers de perles de givre.

·01:19

Libre

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Poème de Claudie Becques

S’enfuir pour ne garder que les bons souvenirs…
Quand les premiers frimas se posent sur le cœur,
Mieux vaut suivre l’instinct des oiseaux migrateurs
Et déployer ses ailes, décider de partir.

Choisir de s’exiler pour ne pas déranger…
Mieux vaut quitter la meute et n’être point fardeau,
Etre loup solitaire et non chien de traîneau,
Quand au milieu des siens, on se sent étranger.

Sur la pointe des pieds, tirer sa révérence
En se félicitant d’avoir eu tant de chance,
Dans un dernier regard emporter le meilleur.

Ne pas se retourner, éviter les regrets,
N’emporter avec soi que moments de bonheur,
Aller, sourire aux lèvres, heureux et libéré.

https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/

·00:41

Le petit Écolier

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Poème de Claudie Becques

Papa, maman,
Vous voyez bien que je suis grand.
Allez, courage !
Comme les enfants de mon âge,
Je cours, Je vole
Vers ma toute première école.
Je sais, c'est dur
Moi, je suis prêt pour l'aventure,
Séchez vos yeux,
Il faut vous montrer courageux.
Ce soir, promis !
Vous aurez un câlin au lit.
Vite ! Un baiser
J'ai hâte d'être un écolier !

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·01:40

Dans la Poche du Kangourou

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Poème de Claudie Becques

Dis, petit kangourou,
Qui bondit, qui bondit,
Petit bandit tout roux
Dans ta poche, qu’as-tu mis ?

Pour le vieux crocodile, un paquet de mouchoirs
J’y ai glissé aussi, un réveil pour le loir

Il y a pour la taupe, une paire de lunettes
Pour le petit putois, j’ai pris des savonnettes

J’ai mis une perruque, pour la chauve-souris
Un beau chapeau de paille, pour le petit âne gris

J’ai prévu une brosse, pour le raton laveur
Ainsi qu’une bourriche, pour le martin-pêcheur

Dis, petit kangourou,
Qui bondit, qui bondit,
Petit bandit tout roux
Ne m’as-tu pas menti ?

J’avoue que j’ai peut-être, un peu exagéré
Ce que j’ai dans la poche, vois-tu, c’est un secret !

https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/

·01:21

Paris est triste

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Poème de Claudie Becques

A José, mon frère...

Des nuages venus du Nord
S'empalent sur la Tour Eiffel
Et la Seine sanglote en son lit…

L'Arc ne Triomphe plus,
Paname se sent Invalides
La Place de l'Etoile ne brille plus…

Montmartre a un Sacré gros Cœur
Place du Tertre, les peintres ont, de leurs pinceaux
Repeint en gris, le ciel de Paris.

Notre-Dame veille désormais sur toi
Nous, nous restons sans Défense
Mais toi, tu es enfin en paix, et ça c'est Capitale.

https://www.facebook.com/Claudie-Becques-1844483248919787/

·01:24

Notre Dame de Paris

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Poème de Gérard de Nerval

-=-=-

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

-=-=-

Notre-Dame is very old: however we will perhaps see her
bury Paris that she saw born;
But in a few thousand years, Time will make flinch
this heavy carcass, like a wolf trips an ox,
Will twist her iron nerves, and then with a deaf tooth
Will sadly gnaw at her old rock bones!

Many men, from all countries of the earth
Will come, to contemplate this austere ruin,
Dreamers, and reading again Victor’s book:
Then they will think they see the old basilica,
All the way she was, mighty and beautiful,
Rise before them like the shadow of a dead man!

-=-=-

Pianiste : Ivan Ilić (La Cathédrale engloutie - Claude Debussy)

·01:13

Le Coin du Feu

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Poème de Théophile Gautier

Que la pluie à déluge au long des toits ruisselle !
Que l’orme du chemin penche, craque et chancelle
Au gré du tourbillon dont il reçoit le choc !
Que du haut des glaciers l’avalanche s’écroule !
Que le torrent aboie au fond du gouffre, et roule
Avec ses flots fangeux de lourds quartiers de roc !

Qu’il gèle ! et qu’à grand bruit, sans relâche, la grêle
De grains rebondissants fouette la vitre frêle !
Que la bise d’hiver se fatigue à gémir !
Qu’importé ? n’ai-je pas un feu clair dans mon âtre,
Sur mes genoux un chat qui se joue et folâtre,
Un livre pour veiller, un fauteuil pour dormir ?

·01:36

Voyelles

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Poème de Arthur Rimbaud

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

·01:27

Mobilier scolaire

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Poème de Paul Arène

L'école était charmante au temps des hannetons,
Quand, par la vitre ouverte aux brises printanières,
Pénétraient, nous parlant d'écoles buissonnières
Et mettant la folie en nos jeunes cerveaux,
Des cris d'oiseaux dans les senteurs des foins nouveaux ;
Alors, pour laid qu'il fût, certes ! il savait nous plaire
Notre cher mobilier si pauvrement scolaire.
À grands coups de canif, travaillant au travers
Du vieux bois poussiéreux et tout rongé des vers,
Nous creusions en tous sens des cavernes suspectes,
Où logeaient, surveillés par nous, des tas d'insectes :
Le noir rhinocéros, qui porte des fardeaux,
Le taupin, clown doué d'un ressort dans le dos,
Le lucane sournois, mais aimable du reste,
Le charançon, vêtu d'or vert, et le bupreste...
J'oubliais l'hydrophile avec le gribouri.

·01:20

Mon Rêve familier

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Poème de Paul Verlaine

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

·01:16

Oisillon bleu

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Poésie de Jean Moréas

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Dorlotent doucement les coeurs
Meurtris par les destins moqueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Donnent de nouvelles vigueurs
Aux corps minés par les langueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Font revivre les espoirs morts
Et terrassent les vieux remords.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Je t'ai cherché longtemps, longtemps,
Par mont, par val et par ravin
En vain, en vain !

·01:07

Petit ou grand

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Poésie de Sylvaine Hinglais

Une petite personne et une grande personne se parlent.
- Quand on est petit, on dit : « Quand je serai grand… »
- C'est vrai.
- Alors quand on est grand, on peut dire : « Quand je serai petit… »
- Non.
- Pourquoi ?
- Il paraît que ça ne marche pas.
- Pourquoi ?
- On peut grandir, mais on ne peut pas rapetisser.
- Mais on ne peut pas toujours grandir.
- Non.
- Alors, quand on est grand ?
- On change de forme, tout doucement.
- On change de forme ?
- Oui, ça s'appelle vieillir.

·00:56

Crapaud

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Poésie de Béatrice Tanaka

Crapaud, s'il te plait, va au marché !
J'ai mal au pied.

Crapaud, s'il te plait, écosse les pois !
J'ai mal au bras.

Crapaud, s'il te plait, lave les assiettes !
J'ai mal à la tête.

Crapaud, s'il te plait, allume le feu !
J'ai mal aux yeux.

Crapaud, s'il te plait, allume le fourneau !
J'ai mal au dos.

Crapaud, s'il te plait, coupe le pain !
J'ai mal à la main.

Crapaud, s'il te plait, dresse la table pour le dîner !
J'ai mal au nez.

Viens manger, crapaud, la soupe est servie !
J'essaierai pour vous faire plaisir, mon ami.

·00:50

Conversation

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Poème de Jean Tardieu

Comment ça va sur la terre ?
– Ça va, ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères ?
– Mon dieu oui merci bien.
Et les nuages ?
– Ça flotte.
Et les volcans ?
– Ça mijote.
Et les fleuves ?
– Ça s'écoule.
Et le temps ?
– Ça se déroule.
Et votre âme ?
– Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.

·00:40

La Fourmi

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Poésie de Robert Desnos

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête
Ça n'existe pas ça n'existe pas

Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards
Ça n'existe pas ça n'existe pas

Une fourmi parlant français
Parlant latin et javanais
Ça n'existe pas ça n'existe pas

Et pourquoi pas ?

·01:19

Colloque sentimental

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Poème de Paul Verlaine

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

— Te souvient-il de notre extase ancienne ?
— Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?
— Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non.

— Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! — C’est possible.

— Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
— L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

·01:08

Dites donc, un Poète

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Poème de Alain Bosquet

- Dites donc, un poète, à quoi ça sert ?
- Ca remplace les chiens par des licornes.
- Dites donc, ça n'a pas d'autres talents ?
- Il apporte le rêve à ceux qui n'ose pas rêver.
- Vous trouvez ça utile, dites donc ?
- Quand il veut, il persuade les comètes de s'arrêter chez vous.
- Il trouble l'ordre, dites donc, ce type-là.
- Pas plus qu'un vol de scarabées, pas plus qu'un peu de neige sur l'épaule.
- Il est bon pour l'hospice, dites donc.
- Il le transformerait en palais de cristal avec mille musique.
- Qu'on le conduise à la fosse commune, dites donc, ce poète.
- Alors décembre se prolongera jusqu'à la fin de juin.

·01:07

Poésie immersive MP5/DTX™️

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Poésie immersive en réalité virtuelle MP5/DTX™️ !

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·01:32

Le Dormeur du Val

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Poème de Arthur Rimbaud

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

·00:49

Le Dizain de Neige

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Poésie de Clément Marot

Anne, par jeu, me jeta de la neige,
Que je cuidais froide certainement ;
Mais c'était feu; l'expérience en ai-je,
Car embrasé je fus soudainement.
Puisque le feu loge secrètement
Dedans la neige, où trouverai-je place
Pour n'ardre point ? Anne, ta seule grâce
Éteindre peut le feu que je sens bien,
Non point par eau, par neige, ni par la glace,
Mais par sentir un feu pareil au mien.

·00:38

De Soi-Même

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Poésie de Clément Marot

Plus ne suis ce que j'ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître,
Je t'ai servi sur tous les Dieux.
Ah si je pouvais deux fois naître,
Comme je te servirais mieux !

·01:39

Après la Bataille

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Poésie sensée de Victor Hugo traduite en vers loufoques par Pierre Dac

Mon père, cet anchois au sourire andalou,
Suivi d'un nénuphar qu'il aimait entre tous
Pour son faux-col vert-neige fait en pierre de taille,
Parcourait en nageant la foire à la ferraille,
Où se tenaient, pensifs, des melons accroupis...
Soudain, son gros orteil crut percevoir des cris...
C'était un hérisson voltigeant sur la route,
Qui brûlait son chandail pour mieux casser la croûte,
En criant : « Un chou-fleur pour cirer mes souliers!!!...
Ou bien un bec de gaz pour me laver les pieds!!!... »
Mon père, ému, tendit au nénuphar fidèle
L'obélisque à vapeur où trempait sa bretelle
Et dit : « Mouche la jambe à cet oiseau blessé,
Et brûle-lui l'oeil droit avec un fer glacé. »
A ce moment précis, surgissait du « Rat Mort »,
En marchant sur les Mains, un boa constrictor
Qui lança sur mon père sa veste en alpaga.
Le coup passa si près qu'un hareng se noya,
Et qu'un éléphant blanc tomba dans sa soupière.
"Hourrah!" cria mon père, se mordant la paupière.

·00:46

Du Partement d’Anne

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Poème de Clément Marot

Où allez-vous, Anne ? que je le sache,
Et m’enseignez avant que de partir
Comme ferai, afin que mon œil cache
Le dur regret du coeur triste et martyr.
Je sais comment ; point ne faut m’avertir
Vous le prendrez, ce cœur, je le vous livre ;
L’emporterez pour le rendre délivre,
Du deuil qu’aurait loin de vous en ce lieu ;
Et pour autant qu’on ne peut sans coeur vivre
Me laisserez le vôtre, et puis adieu.

·01:50

Le Cor

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Poème de Alfred de Vigny

J’aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu’il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l’adieu du chasseur que l’écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

Que de fois, seul, dans l’ombre à minuit demeuré,
J’ai souri de l’entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

Ô montagne d’azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;

Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C’est là qu’il faut s’asseoir, c’est là qu’il faut entendre
Les airs lointains d’un Cor mélancolique et tendre.

·00:56

La Biche

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Poème de Maurice Rollinat

La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
À la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
À ses longs appels anxieux !
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d’amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.

·01:08

Mignonne, allons voir si la Rose

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Poème de Pierre de Ronsard

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

·01:30

Après la Bataille

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Poème de Victor Hugo

Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait: « A boire! à boire par pitié ! »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba! »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.

·01:12

Heureux qui, comme Ulysse

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Poème de Joachim du Bellay

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

·00:49

Les Lignes de nos Mains

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Poème de Bernard Dadié

Les lignes de nos mains
ni Jaunes
ni Noires
ni Blanches
Ne sont point des frontières
des fossés entre nos villages
des filins pour lier les faisceaux de rancoeurs.

Les lignes de nos mains
sont des lignes de vie,
de Destin
de Coeur
d’Amour,
de douces chaînes qui nous lient les uns aux autres
les vivants aux morts.

Les lignes de nos mains
ni blanches
ni noires
ni jaunes,
Les lignes de nos mains
Unissent les bouquets de nos rêves.

·00:53

Les Hiboux

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Poème de Robert Desnos

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d’or valent des bijoux,
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !

Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? les Andalous ?
Ou dans la cabane Bambou ?
À Moscou ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?

Hou ! Hou !

Pas du tout c’était chez les fous.

·00:51

Le Pélican

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Poème de Robert Desnos

Le Capitaine Jonathan,
Etant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient,
Le pélican de Jonathan
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement
Un autre, qui en fait autant.
Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

·01:00

Les Pas

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Poème de Paul Valéry

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
À l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n'était que vos pas.

·00:56

Les Poésies d’Héloïse

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Une poésie de ma Maman

Qui la poésie aime, ici sera servi !
Des poèmes par dizaines découvrira par là.
Pour le plus doux plaisir des grands et des petits,
Il suffit de cliquer sur le lien que voilà !

Reconnaîtrez-vous donc cette si jolie voix ?
Je suis bien peu partiale, l'enfant est née de moi.
Son père, génial, conduit cette aventure.
Goûter la poésie comme la confiture,
Pour votre grand régal, chaque jour une dose,
En famille, eux et moi, c'est ce qu'on vous propose !

·00:36

Le petit Garçon du Train

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Poésie de Héloïse

Le petit garçon s’ennuie.

Regarder le paysage, ce n’est pas amusant ;
Lire, je n’aime pas, je préfère monter sur un âne ;
Dessiner, je ne sais pas ;
Aucun enfant ne veut jouer avec moi ;
Ma grande sœur est sur son téléphone ;
Mon Papa dort et ma Maman lit.

Après avoir tant râlé, il s’est endormi.

·01:20

Le Paresseux

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Poème de Marc Antoine Girard de Saint-Amant

Accablé de paresse et de mélancolie,
Je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un paté,
Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

Là, sans me soucier des guerres d’Italie,
Du comte Palatin, ni de sa royauté,
Je consacre un bel hymne à cette oisiveté
Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,
Que je crois que les biens me viendront en dormant,
Puisque je vois déjà s’en enfler ma bedaine,

Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts,
Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine
Ai-je pu me résoudre à t’écrire ces vers.

·00:40

En Arles

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Poème de Paul-Jean Toulet

Dans Arles, où sont les Aliscamps,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd ;

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour,
Au bord des tombes.

·00:58

Le Printemps

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Poème de Charles d’Orléans

Le temps a laissé son manteau.
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête, ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie,
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

·00:54

Plaisir d’Amour

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Poème de Jean-Pierre Claris de Florian

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

J'ai tout quitté pour l'ingrate Sylvie,
Elle me quitte et prend un autre amant.
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

Tant que cette eau coulera doucement
Vers ce ruisseau qui borde la prairie,
Je t'aimerai, me répétait Sylvie ;
L'eau coule encor, elle a changé pourtant !

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

·01:13

La Colombe et la Fourmi

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Fable de La Fontaine

L’autre exemple est tiré d’animaux plus petits.
Le long d’un clair ruisseau buvait une Colombe,
Quand sur l’eau se penchant une Fourmi y tombe.
Et dans cet océan l’on eût vu la Fourmi
S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La Colombe aussitôt usa de charité :
Un brin d’herbe dans l’eau par elle étant jeté,
Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive.
Elle se sauve ; et là-dessus
Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus.
Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète.
Dès qu’il voit l’Oiseau de Vénus
Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête.
Tandis qu’à le tuer mon Villageois s’apprête,
La Fourmi le pique au talon.
Le Vilain retourne la tête :
La Colombe l’entend, part, et tire de long.
Le soupé du Croquant avec elle s’envole :
Point de Pigeon pour une obole.

·00:48

La Mort de l’Automne

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Poème de Jean Richepin

Au vent du nord
Qui le bâtonne,
Le pauvre Automne
Fuit sans remords.
Le vent le mord,
Lui, dans sa tonne
Se pelotonne.
L’Automne est mort.
Et son glas tinte
Comme une plainte
Dans les derniers
Refrains de fête,
Adieu paniers !
Vendange est faite.

·00:40

Le Liseron

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Poème de Maurice Rollinat

Le liseron est un calice
Qui se balance à fleur de sol.
L'éphémère y suspend son vol
Et la coccinelle s'y glisse.

Le champignon rugueux et lisse
Parfois lui sert de parasol ;
Le liseron est un calice
Qui se balance à fleur de sol.

Or, quand les champs sont au supplice,
Brûlés par un ciel espagnol,
Il tend toujours son petit bol
Afin que l'averse l'emplisse :
Le liseron est un calice.

·00:46

Sensation

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Poème de Arthur Rimbaud

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

·01:00

À Dos d’Éléphant

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Poème de Victor Hugo

Supposez Goliath mené par Myrmidon.
Le cornac est tout jeune et la bête est énorme.
Le palanquin tremblant par instant se déforme
Et vous cahote au point de vous estropier
Sous ses rideaux de cuir et son toit de papier.
Un monstre n'a pas moins de roulis qu'un navire ;
Comme un vaisseau chancelle un éléphant chavire,
Et vous avez le mal de mer sur Béhémoth.
Le cornac, nain pensif, conseille à demi-mot
Le colosse, et le monstre écoute et ne se trompe
Sur rien, ni sur le gué qu'il sonde avec sa trompe,
Ni sur la route à suivre, et jamais l'éléphant
N'a peur, pourvu qu'il soit conduit par un enfant.

·01:08

J’ai dit à mon Cœur

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Poème de Alfred de Musset

J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ?
Il m'a répondu : Ce n'est point assez,
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ?
J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez de tant de tristesse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est à chaque pas trouver la douleur ?
Il m'a répondu : Ce n'est point assez,
Ce n'est point assez de tant de tristesse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les chagrins passés ?

·00:58

La Neige tombe

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Poésie de Jean Richepin

Toute blanche dans la nuit brune
La neige tombe en voletant,
Ô pâquerettes ! Une à une
Toutes blanches dans la nuit brune !
Qui donc là-haut plume la lune ?
Ô frais duvet ! Flocons flottants !
Toute blanche dans la nuit brune
La neige tombe en voletant.
La neige tombe, monotone,
Monotonement, par les cieux ;
Dans le silence qui chantonne,
La neige tombe monotone,
Elle file, tisse, ourle et festonne
Un suaire silencieux.
La neige tombe, monotone,
Monotonement par les cieux.

·02:14

L’Avare

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Extrait de Molière

Au voleur! au voleur! à l’assassin! au meurtrier! Justice, juste Ciel! je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être? Qu’est-il devenu? Où est-il? Où se cache-t-il? Que ferai-je pour le trouver? Où courir? Où ne pas courir? N’est-il point là? N’est-il point ici? Qui est-ce? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin. Ah! c’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami! on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde : sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris? Euh? que dites-vous? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure; et l’on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute la maison: à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ! de quoi est-ce qu’on parle là? De celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part sans doute au vol que l’on m’a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.

·01:03

Chanson sur l’Enfance

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Poème de Peter Handke

Quand l'enfant était un enfant,
C'était le temps de ces questions :
Pourquoi je suis moi et pourquoi pas toi ?
Pourquoi je suis ici et pourquoi pas là ?
Quand le temps a-t-il commencé et où se termine le monde ?
La vie au soleil n'est-elle qu’un rêve ?
Ce que je vois et entends et sens
n’est-il que le reflet d’un monde devant le monde ?
Est-ce que le mal existe vraiment et existe-t-il des gens,
qui sont vraiment les méchants ?
Comment se peut-il que moi, qui suis moi,
avant que je n'existe, je n’existais pas,
et qu'un jour moi, qui suis moi,
je ne serai plus qui je suis ?

Als das Kind Kind war,
war es die Zeit der folgenden Fragen:
Warum bin ich ich und warum nicht du?
Warum bin ich hier und warum nicht dort?
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum?
Ist das Leben unter der Sonne nicht bloß ein Traum?
Ist was ich sehe und höre und rieche
nicht bloß der Schein einer Welt vor der Welt?
Gibt es tatsächlich das Böse und Leute,
die wirklich die Bösen sind?
Wie kann es sein, daß ich, der ich bin,
bevor ich wurde, nicht war,
und daß einmal ich, der ich bin,
nicht mehr der ich bin, sein werde?

·01:03

Le Ciel est, par dessus le Toit

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Poème de Paul Verlaine

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

·00:44

Mes deux Filles

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Poème de Victor Hugo

Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,
L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe,
Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !
Voyez, la grande sœur et la petite sœur
Sont assises au seuil du jardin, et sur elles
Un bouquet d’œillets blancs aux longues tiges frêles,
Dans une urne de marbre agité par le vent,
Se penche, et les regarde, immobile et vivant,
Et frissonne dans l’ombre, et semble, au bord du vase,
Un vol de papillons arrêté dans l’extase.

·00:38

Une Allée du Luxembourg

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Poème de Gérard de Nerval

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.
C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait !
Mais non, ma jeunesse est finie...
Adieu, doux rayon qui m’as lui,
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, il a fui !

·01:03

La Courbe de tes Yeux fait le Tour de mon Cœur

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Poème de Paul Eluard

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards

·00:40

L’Automne

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Poème de Guillaume Apollinaire

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son boeuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un coeur que l’on brise
Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises

·00:36

Les Saltimbanques

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Poème de Guillaume Apollinaire

Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises.
Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe.
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours, des cerceaux dorés
L’ours et le singe, animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage.

·01:07

Demain, dès l’aube…

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Poème de Victor Hugo

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

·01:00

Que sont mes Amis devenus

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Poème de Rutebeuf

Les maux ne savent seuls venir ;
Tout ce qui m’était à venir
m’est advenu.
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimé ?
Je crois qu'ils sont trop clairsemés;
Ils ne furent pas bien semés :
Ils m’ont failli.
De tels amis m'ont bien trahi
Lorsque Dieu m'a assailli
De tous côtés,
N'en vis un seul en mon logis
Le vent,je crois, me les a pris.
L'amour est morte :
Ce sont amis que vent emporte,
Et il ventait devant ma porte,
Les emporta...

·00:44

Tristesse

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Poème de Alfred de Musset

J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté ;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.

·01:21

Grammaire

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Poésie de Philippe Soupault

Peut-être et toujours peut-être
adverbes que vous m’ennuyez
avec vos presque et presque pas
quand fleurissent les apostrophes
Et vous points et virgules
qui grouillez dans les viviers
où nagent les subjonctifs
je vous empaquette vous ficelle
Soyez maudits paragraphes
pour que les prophéties s’accomplissent
bâtards honteux des grammairiens
et mauvais joueurs de syntaxe
Sucez vos impératifs
et laissez-nous dormir
une bonne fois
c’est la nuit
et la canicule

·03:50

La Tirade du Nez, Cyrano de Bergerac

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Extrait de l’œuvre de Edmond Rostand

Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! »
Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! »
Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « Ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampéléphantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! »
Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode ! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « C’est la Mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain ! »
Militaire : « Pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.

·00:51

L’Orphelin

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Poésie d’Héloïse & Hortense

Au clair de lune, un orphelin dormait.
Au clair de lune, le pauvre enfant rêvait
Que le soleil jamais ne se couchait.
Il était triste car, pour lui,
La nuit est le seul moment
Où il n’est pas malheureux.
- Ô monsieur le soleil, pourquoi ne vous couchez-vous pas ?
- Ô mon petit enfant, je ne me coucherai que quand tu auras des parents.

·00:45

Le Jardin

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Poème de Jacques Prévert

Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
À Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre.

·00:48

Il a neigé

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Poésie de Maurice Carême

Il a neigé dans l'aube rose
Si doucement neigé,
Que le chaton noir croit rêver.
C'est à peine s'il ose
Marcher.
Il a neigé dans l'aube rose
Si doucement neigé,
Que les choses
Semblent avoir changé.
Et le chaton noir n'ose
S'aventurer dans le verger,
Se sentant soudain étranger
A cette blancheur où se posent,
Comme pour le narguer,
Des moineaux effrontés.

·00:56

Green

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Poème de Paul Verlaine

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

·00:58

Les Roses de Saadi

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Poème de Marceline Desbordes-Valmore

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

·00:45

Les belles Familles

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Poème de Jacques Prévert

Louis I
Louis II
Louis III
Louis IV
Louis V
Louis VI
Louis VII
Louis VIII
Louis IX
Louis X (dit le Hutin)
Louis XI
Louis XII
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
Louis XVI
Louis XVII
Louis XVIII
et plus personne plus rien…
qu'est-ce que c'est que ces gens-là
qui ne sont pas foutus
de compter jusqu'à vingt ?

·00:43

L’écureuil et la Feuille

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Poésie de Maurice Carême

Un écureuil, sur la bruyère,
Se lave avec de la lumière.
Une feuille morte descend,
Doucement portée par le vent.
Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l’écureuil ;
Le vent attend, pour la poser
Légèrement sur la bruyère,
Que l’écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime à se balancer
Comme une feuille de lumière.

·00:29

La Bise

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Poème de Maurice Carême

« Ce sont des feuilles mortes »
Disaient les feuilles mortes
Voyant des papillons
S'envoler d'un buisson.
« Ce sont des papillons »,
Disaient les papillons
Voyant des feuilles mortes
Errer de porte en porte.
Mais la bise riait
Qui déjà les chassait
Ensemble vers la mer.

·00:33

On dirait

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Poème de Maurice Carême

On dirait qu’on entend
Pleuvoir le temps
Usant les vieilles pierres
De la rivière,
On dirait qu’on entend
Pleuvoir les ans
Qu’emportent doucement
Les eaux du temps.

·00:45

Marine

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Poème d’Arthur Rimbaud

Les chars d'argent et de cuivre
Les proues d'acier et d'argent
Battent l'écume,
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt,
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière.

·01:06

Marine

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Poème de Paul Verlaine

L'Océan sonore
Palpite sous l'œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
Tandis qu'un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D'un long zigzag clair,
Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,
Et qu'au firmament,
Où l'ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.

·00:33

La petite Maison

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Poésie de Maurice Carême

La petite maison
A des volets tout bleus,
Des roses sur le front,
Du ciel dans les cheveux.
Ne lui demandez rien
Si ce n’est un tarin.
Elle en a toujours un
Dans son menu jardin.
Que peut-elle vous dire
Sinon qu’il fait bon vivre,
Qu’il suffit d’un peu d’ombre
Au pied d’un mur chaulé
Pour qu’une fourmi blonde
Y fasse luire un monde.

·00:31

Homonymes

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Poésie de Maurice Carême

Il y a le vert du cerfeuil
Et il y a le ver de terre.
Il y a l’endroit et l’envers,
L’amoureux qui écrit en vers,
Le verre d’eau plein de lumière,
La fine pantoufle de vair
Et il y a moi, tête en l’air,
Qui dit toujours tout de travers.

·00:43

Si mon Père était un Ourson

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Poésie de Maurice Carême

Si mon père était un ourson,
Ma tante Alice un gros pigeon,
Si mon oncle était un trapèze,
Ma sœur Anne, un bâton de chaise,
Si ma marraine était un mât,
Mon grand frère, un œuf sur le plat,
Et l’école, une vieille cruche,
Je ne sais pas comment irait
Le monde étroit que je connais,
Mais je rirais, ah, je rirais
À faire sauter les volets.

·00:32

Le Chat et le Soleil

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Poésie de Maurice Carême

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.
Voilà pourquoi, le soir
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

·00:27

Mes Grands-Parents

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Poésie d’Héloïse

Mes Grands-Parents, je les aime.
Deux j’ai perdus
mais ce n’est pas pour ça
que je ne vivrai plus.
Heureusement, deux j’ai toujours
et les autres sont dans mon cœur
pour toujours.

À Carole et Ito.
Pour Nanou et Papé.

·00:30

Mon petit Lapin

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Poésie de Maurice Carême

Mon petit lapin
N'a plus de chagrin.
Depuis le matin,
Il fait de grands sauts
Au fond du jardin.
Mon petit lapin
N'a plus de chagrin.
Il parle aux oiseaux
Et il rit tout haut
Dans l'ache et le thym.
Mon petit lapin
N'a plus de chagrin.
Le voisin d'en face
A vendu ses chiens,
Ses trois chiens de chasse.

·00:38

Liberté

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Poème de Maurice Carême

Prenez du soleil
Dans le creux des mains,
Un peu de soleil
Et partez au loin !
Partez dans le vent,
Suivez votre rêve ;
Partez à l'instant,
la jeunesse est brève !
Il est des chemins
Inconnus des hommes,
Il est des chemins
Si aériens !
Ne regrettez pas
Ce que vous quittez.
Regardez, là-bas,
L'horizon briller.
Loin, toujours plus loin,
Partez en chantant !
Le monde appartient
À ceux qui n'ont rien.

·00:45

Le Printemps reviendra

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Poésie de Maurice Carême

Hé oui, je sais bien qu'il fait froid,
Que le ciel est tout de travers ;
Je sais que ni la primevère
Ni l'agneau ne sont encore là.
La terre tourne ; il reviendra,
Le printemps, sur son cheval vert.
Que ferait le bois sans pivert,
Le petit jardin sans lilas ?
Oui, tout passe, même l'hiver,
Je le sais par mon petit doigt
Que je garde toujours en l'air...

·00:46

Le Crapeau

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Poésie de Robert Desnos

Sur les bords de la Marne
Un crapaud il y a
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.
- Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud ?
- C’est que j’ai le malheur
De n’être pas beau.
Sur les bords de la Seine
Un crapaud il y a
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.
- Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud ?
- Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.

·00:57

Le petit Chaperon rouge

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Poésie de Maurice Carême

Chaperon rouge est en voyage,
Ont dit les noisetiers tout bas.
Loup aux aguets sous le feuillage,
N'attendez plus au coin du bois.
Plus ne cherra la bobinette
Lorsque, d’une main qui tremblait,
Elle tirait la chevillette
En tendant déjà son bouquet.
Mère-grand n’est plus au village.
On l’a conduite à l'hôpital
Où la fièvre, dans un mirage,
Lui montre son clocher natal.
Et chaperon rouge regrette,
Le nez sur la vitre du train,
Les papillons bleus, les fleurettes
Et le loup qui parlait si bien.

·01:12

Chanson de Grand-Père

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Poésie de Victor Hugo

Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.
Dansez, les petites reines,
Toutes en rond.
Les amoureux sous les frênes
S'embrasseront.
Dansez, les petites folles,
Toutes en rond.
Les bouquins dans les écoles
Bougonneront.
Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes
Applaudiront.
Dansez, les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L'aurore au front.
Dansez, les petites femmes,
Toutes en rond.
Les messieurs diront aux dames
Ce qu'ils voudront.

·01:05

La Trompe de l’Éléphant

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Poésie d’Alain Bosquet

La trompe de l’éléphant,
c’est pour ramasser les pistaches :
pas besoin de se baisser.
Le cou de la girafe,
c’est pour brouter les astres :
pas besoin de voler.
La peau du caméléon,
verte, bleue, mauve, blanche,
selon sa volonté,
c’est pour se cacher des animaux voraces :
pas besoin de fuir.
La carapace de la tortue,
c’est pour dormir à l’intérieur,
même l’hiver :
pas besoin de maison.
Le poème du poète,
c’est pour dire tout cela
et mille et mille et mille autres choses :
pas besoin de comprendre.

·00:47

Le Crocodile

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Poésie de Jacques Roubaud

Le crocodile n'a qu'une idée
il voudrait dévorer Odile
qui habite près de son domicile
elle est tendre et dodue à souhait
Le crocodile est obsédé
« Ça devrait pas être difficile,
pense-t-il, d'attraper cette fille »
(il emploie la méthode Coué)
Mais Odile qui n'est pas sotte
ne s'approche pas de la flotte
elle se promène sur la grève
mangeant des beignets de banane au mil
et c'est seulement dans ses rêves
que le crocodile croque Odile.

·00:44

Locataires

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Poésie de Jean-Luc Moreau

J’ai dans mon cartable
(C’est épouvantable !)
Un alligator
Qui s’appelle Hector
J’ai dans ma valise
(Ça me terrorise !)
Un éléphant blanc
Du nom de Roland
J’ai dans mon armoire
(Mon Dieu, quelle histoire !)
Un diplodocus
Nommé Spartacus
Mais pour moi le pire,
C’est sous mon chapeau
D’avoir un vampire
Logé dans ma peau.

·00:31

Bonne Année

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Poésie de Rosemonde Gérard

Bonne année à toutes les choses,
Au monde, à la mer, aux forêts,
Bonne année à toutes les roses,
Que l’hiver prépare en secret.
Bonne année à tous ceux qui m’aiment,
Et qui m’entendent ici-bas,
Et bonne année aussi, quand même,
À tous ceux qui ne m’aiment pas.

·01:07

Le Lion et le Rat

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Fable de La Fontaine

Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un lion
Un rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un lion d'un rat eût affaire ?
Cependant il avint qu'au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.

·00:38

Le Cancre

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Poème de Jacques Prévert

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

·00:31

La Galette des Rois

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Poésie de Pierre Ruaud

Dans la galette des rois
Il y a une part pour toi.
Si tu trouves la fève
Tu deviens le roi.
La galette des rois
Qu'on la coupe en treize
Ou qu'on la coupe en trois
Il n'y a qu'un seul roi.
Quand la galette des rois
A désigné son roi
Le roi choisit sa reine
Et après tout le monde boit.

·01:15

Il était une Feuille

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Poème de Robert Desnos

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
Cœur gravé, percé, transpercé
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vignes de cœur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.

·00:55

Matin d’Octobre

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Poème de François Coppée

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

·00:48

La Tour Eiffel

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Poésie de Maurice Carême

Mais oui, je suis une girafe,
M’a raconté la tour Eiffel,
Et si ma tête est dans le ciel,
C’est pour mieux brouter les nuages,
Car ils me rendent éternelle.
Mais j’ai quatre pieds bien assis
Dans une courbe de la Seine.
On ne s’ennuie pas à Paris :
Les femmes, comme des phalènes,
Les hommes, comme des fourmis,
Glissent sans fin entre mes jambes
Et les plus fous, les plus ingambes
Montent et descendent le long
De mon cou comme des frelons
La nuit, je lèche les étoiles.
Et si l’on m’aperçoit de loin,
C’est que très souvent, j’en avale
Une sans avoir l’air de rien.

·00:39

Vert de Mer

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Poème de Madeleine Le Floch

Un poisson connaissait par cœur
les noms de tous les autres poissons.
Il connaissait les algues, les courants,
les sédiments, les coquillages.
C’était un érudit.
Il exigeait d’ailleurs qu’on l’appelât «maître » !
Il savait tout de la mer
Mais il ignorait tout de l’homme.
Et un jour il se laissa prendre au bout
d’un tout petit hameçon.

·00:45

L’Alphabet

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Poésie de Christine Fayolle

Il y a A, B, C, D et le petit E
Qui ouvrent grand leurs yeux,
F, G, H, et I
Restent bien assis,
J, K, L, et M
En font de même.
N, O, P, Q, et R
Apprennent à se taire,
Mais de leur coté,
S, T, U, V et W
Ont le doigt levé,
Enfin, au tableau, X, Y et Z
Récitent sans aucune aide !

·00:50

La Lune se couchait

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Poésie de Maurice Carême

La lune se couchait, pâle,
Sur son édredon d’étoiles.
Le jour riait dans sa barbe
D’herbe longue et de rhubarbe.
Son balai d’or à la main,
Le soleil lavait le monde
A grande eau dans le matin.
La terre rêvait dans l’ombre.
Pas une personne encore
Ne se montrait au-dehors.
Des volets s’ouvraient sans bruit.
Et, seule, une tourterelle
Encore engourdie de nuit
Faisait roucouler le ciel.

·00:33

Le Diable en Boite

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Poésie de Corinne Albaut

Un, deux, trois,
Que va-t-il sortir de là ?
Un diable grimaçant ?
Au secours, maman !
Une pieuvre à huit bras ?
Au secours, papa !
Un gros crapaud tout vert ?
Au secours, grand-mère !
Le vampire de minuit !
Vite, sous mon lit !

·00:38

Paris est tout petit

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Poème de Jacques Prévert

Paris est tout petit
c’est là sa vraie grandeur
Tout le monde s’y rencontre
Les montagnes aussi
Même un beau jour l’une d’elles
Accoucha d’une souris
Alors en son honneur
Les jardiniers tracèrent
Le parc Montsouris
C’est là sa vraie grandeur

·00:46

Je voulais dans mon Cartable

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Poème de Pierre Ruaud

Je voulais dans mon cartable
Emporter mes châteaux de sable,
Mon cerf-volant, des coquillages
Et le portique de la plage.

Maman m’a dit :
"Ce n’est pas permis
Et puis tout ça
Ça ne rentre pas !"

Alors j’ai pris un beau stylo,
Pour le goûter quelques gâteaux
Et que des choses raisonnables.
Plus trois petits grains de sable !

·00:46

L’Hippopotame

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Poésie de Pierre Coran

Pour plaire à sa femme
Qui le trouvait gros,
Un hippopotame
A fait du judo.
Pour plaire à sa femme
Qui le trouvait laid,
Un hippopotame
Fit du karaté.
Quand l’hippopotame
Se vit mince et beau,
Il dit à sa femme
Qu’elle pesait trop
Et qu’elle avait l ’air,
A côté de lui,
D’une montgolfière
En papier verni.
Pour plaire à sa femme
Et avoir la paix,
Notre hippopotame
Redevint plus laid.
Il mangea sans faim
Tant de soupe aux herbes
Que sa femme enfin
Le trouva superbe.

·01:05

Le Corbeau et le Renard

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Fable de la Fontaine

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots, le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.
Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

·00:49

La Cigale et la Fourmi

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Fable de la Fontaine

La Cigale, ayant chanté
Tout l'Été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La Fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
— Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien !dansez maintenant. »

·01:06

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf

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Fable de la Fontaine

Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point. » La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.